La génération d’innovations et d’inventions a longtemps été considérée comme un phénomène mystérieux. Dans les années 1990, Armand Hatchuel, Benoît Weil et leur équipe de recherche découvrent que ces activités – qu’ils nommeront « conception innovante » – peuvent être expliquées et modélisées.

C’est la naissance de la théorie C-K.

C-K, c’est quoi ?

La théorie C-K permet de décrire et d’expliquer le raisonnement suivi par un concepteur lorsqu’il imagine et conçoit un objet nouveau – produit, service, processus. En plus de ce pouvoir explicatif, ce cadre théorique fournit des mécanismes génératifs puissants, qui permettent de surmonter les blocages cognitifs et augmentent ainsi notre capacité à innover.

Nous vous en proposons ici une lecture simplifiée.

La théorie C-K repose sur l’interaction entre deux espaces : l’espace Concept et l’espace Knowledge.

L’ESPACE C

Le monde de tous les possibles

 

C’est l’espace où l’on s’autorise à imaginer et explorer de nouveaux concepts qui semblent parfois farfelus, impossibles, voire insensés.

 

Contrairement à ce que l’on pourrait penser, cet espace est très structuré : les idées sont décomposées et représentées sous la forme d’un arbre des concepts.

L’ESPACE K

La bibliothèque des connaissances

 

C’est l’espace où l’on range toutes les connaissances sur lesquelles on s’appuie ou dont on a besoin pour imaginer un nouveau concept.

 

Car une nouvelle idée ne sort pas de nulle part : c’est une combinaison de choses que l’on que l’on sait, que l’on a vues, lues ou entendues.

Dans L’ESPACE C, cette formalisation permet de représenter de nombreuses idées sous la forme d’un arbre unique, et constitue de plus un outil puissant pour lutter contre les effets de fixation qui limitent notre capacité à générer des idées.

L’ESPACE K est clé pour faciliter le pilotage des connaissances, souvent oubliées alors qu’elles jouent en réalité un rôle crucial : à chaque fois que vous ajoutez une nouvelle connaissance dans votre « bibliothèque », vous augmentez votre capacité à générer de nouvelles idées !

Innover, c’est jouer dans ces deux espaces.

Quand le concepteur imagine quelque chose de nouveau, il génère de nouveaux concepts – expansion de l’espace C, et il active de nouvelles connaissances – expansion de l’espace K. Et ces deux expansions sont complémentaires, elles se nourrissent mutuellement : une nouvelle connaissance permet de générer de nouveaux concepts et un nouveau concept permet d’identifier de nouvelles connaissances à acquérir.